Start-up : Pourquoi les femmes lèvent moins de fonds que les hommes

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Start-up : Pourquoi les femmes lèvent moins de fonds que les hommes

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En cause, selon des chercheurs américains, les préjugés révélés par les questions des investisseurs. Pour les hommes, elles portent sur le potentiel de leur entreprise, tandis que les femmes se voient interrogées sur leur gestion des risques.

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Frichti, avec 12 millions d’euros levés en 2016, est la start-up française dirigée par une femme qui a levé le plus l’an passé.
Les femmes entrepreneuses doivent faire face à de nombreux préjugés. Elles doivent également faire attention aux questions qu’on leur pose lorsque, à la tête d’une start-up, elles cherchent à lever des fonds. C’est ce que montre une étude menée sur six ans par des chercheurs de l’université Columbia de New York et ceux de l’université de Pennsylvanie.
Dans un article, publié dans la revue Academy of Management et repéré par Quartz les chercheurs remarquent que les investisseurs ont tendance à ne pas poser les mêmes questions aux femmes qu’aux hommes. S’il est demandé en général à ces derniers de gagner, les entrepreneuses, elles, ont l’obligation de ne pas perdre.

Pourtant, ce n’est pas faute d’un manque d’initiatives entrepreneuriales. En 2016, les Américaines étaient à la tête de 38 % de toutes les entreprises des Etats-Unis. Ni d’un défaut de qualité : la même année, les chiffres d’affaires des compagnies dirigées par des femmes aux Etats-Unis étaient en hausse de 35 %, contre 27 % pour l’ensemble des entreprises américaines, selon les données d’Open pour American Express.

Pour leur étude, les chercheurs ont analysé, grâce à un logiciel de reconnaissance vocale, des conversations vidéos enregistrées entre des investisseurs et 189 entrepreneurs de start-up. Ces échanges avaient lieu dans le cadre de Tech Crunch Disrupt, un salon d’entrepreneurs organisé à New York, entre 2010 et 2016. Il en ressort que les deux-tiers des questions adressés aux hommes portent sur le potentiel de leur entreprise. Le même ratio de questions posées aux femmes à la tête d’une start-up porte sur la manière dont elles vont protéger les investisseurs.

Au final, lors de ces différents Disrupt, les dirigeants de start-up ont levé en moyenne 17,1 millions de dollars, tandis que les dirigeantes, elle, n’ont réussi à dégager que 3,3 millions de dollars en moyenne d’investissements. Soit environ cinq fois moins que les hommes.

Pour autant, cela ne doit pas nécessairement être une fatalité. Les chercheurs conseillent ainsi aux femmes de répondre toujours sur les possibilités de développement de leur start-up, quelle que soit la question qu’on leur pose. Au cours d’une autre expérience, ils ont ainsi fait écouter à des investisseurs les propos de dirigeantes en quête de fonds. Lorsque ces dernières évoquent le potentiel de leur entreprise, les VC (Venture Capitalists) sont prêts à investir 96.321 dollars en moyenne, contre 55.377 dollars quand elles répondent sur les façons de protéger leurs investissements.

En mars dernier, une étude menée par StartHer et KPMG démontrait une baisse de la part des levées de fonds effectuées par des femmes. L’analyse des données révélait cette fois que ce n’était pas en rapport avec les questions posées par les investisseurs, mais plutôt du fait que les entrepreneuses étaient « plus rationnelles » et cernaient « mieux leurs besoins », par rapport aux hommes.

Aux Echos Entrepreneurs, Audrey Soussan, codirectrice du réseau d’entrepreneuses et capital-risqueur chez Ventech expliquait : « Le principal enseignement de ce baromètre sur l’aspect  » quali  » est que les femmes ne ressentent pas de frustration à lever moins d’argent que les hommes. Elles sont parfaitement en phase avec ces montants, elles sont plus prudentes, plus pragmatiques, plus rationnelles, et cela me rassure. »

 

business.lesechos.fr

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